mercredi, 03 juin 2009

La frontière bleue... extrait

Chaine Pyrenees.JPGun extrait de "La frontière bleue", écrit il y a pffff longtemps. A vous de voir si vous avez envie de lire la suite. Je l'ai retrouvé sur le web. C'est drôle Internet ce que ça garde !

============================================

"Matta travaille, tout près d'un antique water-closet surplombant le ruisseau, perpendiculaire au mur de clôture de "chez" Moune.

Un bouton manque à la ceinture de son pantalon poché aux genoux. Il porte une série de pulls sur une chemise et un blouson en cuir dont, par endroits, la surface s'émiette. Moune ne l'a encore pas vu vêtu autrement.

Lire la suite

15:12 Publié dans Textes courts | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : extrait | |

mercredi, 08 avril 2009

Elle, île

medium_arton23.jpgElle fait ce qu’elle peut.

Elle est joyeuse, triste ou émue, triste émue ou joyeuse, joyeuse triste ou émue, sans arrêt, vide aussi.

Elle est fatiguée des gens, elle est fatiguée d’elle.

Elle trouve les gens étonnants et elle pleine de ressources. Elle pense que vivre c’est occuper son temps à ne pas mourir. Et puis toujours se persuader qu’elle est vraiment à l’endroit où elle semble être. Elle vit dans un monde différent de celui de Saül avec parfois une passerelle, ou une illusion de passerelle. Elle adore les histoires : celles qu’on lui raconte, celles qu’elle rapporte, celles qu’elle se crée.

Elle aime Saül, ou elle se force à l’aimer car elle sent que l’histoire commence à peine et elle est curieuse.

Mais tout ça, c’est sans doute que des foutaises et simplement ce qu’elle veut c’est le sexe de Saül enfoncé en elle, encore et encore, jusqu’à éclore de l’inexistence et clouer un enfant dans son ventre de papillonnante.

mh,

23:59 Publié dans Textes courts | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : mh, inexistence, elle | |

mercredi, 01 avril 2009

Etre le souffle, être l'eau

1898286977.jpgEtre le souffle, être l'eau
Suivre le sillage profond.
Suivre la blessure amère et découvrir ce qu'elle recèle.


Être dans l'infini de sa complexité et se perdre
Ne pas savoir où combattre son mal et chercher pourtant
chercher.
Observer.


Écrire pour essayer de retrouver

Pour être nue.

Nue jusqu'à ma merveille et ma désolation.
Nue jusque là


Qui pourrait me comprendre sans me lire ?
Mais comment me deviner là où je suis multiple, où l'univers s'étale comme je le reçois
Où je suis profondément, et où profondément je ne suis pas.

Lire la suite

23:04 Publié dans Textes courts | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poème, textes courts, écriture, souffle, rythme, inexistante, mh | |

jeudi, 19 mars 2009

Ce qui m’échoit.

Je n’écris pas : « à quoi ai-je droit ». Je n’écris pas : « ce que le destin m’a promis ». Je n’écris pas : « ce que je devrais » mais  j’écris : « ce qui m’échoit ».

Devant, il y a la mer, deux colibris dans la fontaine à colibri, la musique dans mes oreilles.

Le vent chasse les nuages.

Quand tu es là mon ami, je me blottis.

Ensuite, tu pars.

Alors je…

Les mondes imparfaits que je construis sont plus sûrs à mes déambulations.

La vie est une histoire qui m’échappe.

(c) mh,

10:19 Publié dans Textes courts | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |

dimanche, 31 juillet 2005

Le rire bleu

Je ne me souviens plus exactement de la disposition des lieux.

Si je ferme les yeux un instant, je revois la plus belle chambre sur la droite. Celle avec une large fenêtre qui le matin s’ouvre sur le soleil et les montagnes. Si je me concentre encore, je revois la terrasse de l’autre coté de la maison, pavée d’ardoises au hasard, sur lesquelles la petite table ronde posée de guingois fût le théâtre de petit déjeuner et de dîner devant la ligne bleue de la frontière avec l’Espagne.

Nous étions là. Il alimentait le feu dans la cheminée. Tentait des préparations culinaires préhistoriques sur la braise. Nous discutions des heures l’un contre l’autre jamais rassasiés de notre proximité. Puis nous nous séparions. J’étalais des huiles parfumées sur mon corps, je m’amusais à tester des recettes de gâteaux au chocolat. Je lisais les vieux livres dans la bibliothèque. Parfois je m’arrêtais sur un passage, je courrais avec mon livre ouvert le rejoindre, dans l’atelier, dehors, je ne sais où, je criais son nom, j’avançais vers lui et je lisais et je relisais. En les partageant, les mots prenaient une lumière plus belle.

Comment parler du bonheur, comment planter une étiquette devant les choses « ici il s’agit du bonheur ». Je vivais les instants, conscientes du bien-être du plaisir de la chaleur que j’y trouvais. Ces moments ne pouvaient me donner plus que ce qu’ils me donnaient. Je ne pensais ni hier ni demain, je ne pensais plus, je goûtais la félicité. Le matin, je me souvenais qu’il était là. Les draps sentaient la lavande. La fenêtre restait ouverte, les couvertures étaient douces. Il se réveillait, il se tournait vers moi, il m’entourait de ces bras, je sortais d’un cauchemar ou d’un autre. De sottes larmes coulaient au coin de mes yeux. Il ne me demandait pas pourquoi. Il remontait le chemin des larmes avec ses doigts tout doucement.

La maison est plus petite que dans mon souvenir.

-Il ne s’agit pas de revenir voir une maison n’est-ce pas ? J’ai demandé.

-Je… je voulais savoir… Je voulais savoir si nous étions capables de revenir ici ensemble, il a répondu simplement.

-Oui, nous y sommes, nous sommes capables.

-Tu crois que c’est triste de ne plus s’aimer ?

-Ce qui serait triste, ce serait de ne pas avoir su s’aimer.

-On est là comme deux couillons devant cette maison qu’ils vont vendre.

-Ce n’est qu’une maison.

-Tu veux me dire pourquoi là tout de suite je me sens si bien ? Demande-t-il avec un sourire doux qui remonte les coins de ses lèvres finement ourlées.

Il prend ma main. Il l’embrasse. Il se dirige vers sa voiture. Je regarde mes montagnes. Une pie manque de se casser la figure sur la branche fragile d’un pommier, j’éclate de rire toute seule dans la brise pyrénéenne.


mh,


11:03 Publié dans Textes courts | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | |