dimanche, 08 février 2009
De l’utilité.
Parfois je me dis que les mots ne servent à rien.
C’est idiot je sais. Trop de mots ne servent à rien.
Il suffit d’en trouver quelques-uns, de bien les poser les doser sur la bonne émotion. Et en route pour la parade !
Je me souviens d’une nouvelle d’Hemingway. Une magnifique. Il s’agissait d’un combattant, d’un balcon et... En lisant le dernier mot j’ai pensé : c’est la plus belle nouvelle du monde.
Peut-être, ce que je me demande vraiment, c’est si mes mots à moi servent à quelque chose…
À rien ?
À rien.
La question était idiote.
Il n’y a rien à attendre de la réponse.
mh,
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vendredi, 14 novembre 2008
La maison derrière la vitre.
J'ai longtemps rêvé de maison.
J'ai, dans ma petite chambre d'étudiante en son temps, puis dans mes studios parisiens, toujours imaginé les maisons où, plus tard, je me voyais vivre.
Pour étayer mes rêves, je pillais les bibliothèques de tous les livres de décoration. Je me ruinais avec un plaisir extrême, en revues luxueuses, pleines du "chez soi" des autres, de bois précieux, de cuisines splendides.
Les deux premiers romans que j'ai tentés d'écrire et surtout de finir, se nourrissaient de bâtisses anciennes retapées, et de jardins. Je créais là, ce que je ne pouvais ou ne savais créer ailleurs. Mes héros ou héroïnes y vivaient à tel point ! Je pouvais, dans mes mots, soigner une décoration issue de mes lectures et de mes rêves. J'habitais à la fois les maisons et l'histoire. Je me sentais chacun des personnages.
Être à la fois une maison et un jardin, être un vieil homme et son exil, être les montagnes, la fuite, la joie, la violence, la mélancolie, la colère.
Un moment, J'ai cru devenir amoureuse d'écrire, puis j'ai compris que j'habitais mes mots, que là se trouvait ma demeure.
J'ai abandonné les livres et les revues que je feuillette désormais plus légèrement.Je ne m'inquiète pas de celle que jamais sans doute je ne construirais puisque je tente de la bâtir en moi. Mes mots devenant le reflet de ma propre architecture.
J'ai passé des heures à rêver. J'ai passé des années à tenter de construire mes histoires.
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mardi, 11 novembre 2008
Écrire propre.
J’écrirais pas trop propre parfois ?
Je relis mon histoire de pieds: c’est l’impression que j’ai. Envie de saloper tout ça. Tiens un mot comme saloper, plutôt Rougekiwi qui le dirait.
RK, qui déballe. *
Le souci avec le déballage ? Les limites, peut-être.
Dans une histoire, on n’en met pas… C’est ça la ruse. On se sent moins (j’avais écris MOI !) dépossédée. En plus on créait un « objet ».
Mais, c’est peut-être moi : « me sentir dépossédée ».
Une histoire aussi, une vraie. Une où on y va vraiment, c’est quand même un truc de fou. Un truc de folle givrée collée au plafond. Un bordel de soi ou on ne sait plus qui est « je ».
Un machin plein de mots incapables d’être le réel, écrit par une qui un jour a aussi entendu causer les arbres.
Tout ce qui est écrit « c’est des blagues » de toute façon comme dirait la louloutte.
Vaste vaste blague.
Que des histoires...
mh, (et celui là de texte, est-ce qu'il a pas un peu plus l'air écrit avec les pieds ?)
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lundi, 15 août 2005
Blabla et la 50 !
La voici la voili !
Entre la 49 et la 50 il s'est passé quelques petits trucs: j'ai rencontré un homme, j'ai déménagé et j'ai fait une enfant. C'est fou comme je suis ordonnée ! Hein !
Gros bisous à tutti :à tous les lecteurs anciens et nouveaux, la vie va, la vie vient.
Bon il va me falloir de sérieux encouragements pour la 51ème, parce que en plus, la ninette grandie et je... rédéménage !!!!
mh,
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lundi, 11 juillet 2005
En résumé ou, nuit d'été avec homme
- Tu sais pourquoi j'écris ?
-…
- Parce que je ne sais pas parler.
-…
- Dire les choses qu'il faut.
-…
- C'est ridicule de te raconter ça, tu t'en fous.
-…
- Tu te dis " qu'est-ce qu'elle me veut cette fille "
-…
- Oui tu te dis sûrement ça.
-…
- Je t'ennuie ?
-…
- Les mots c'est comme des ponts en vieilles cordes au-dessus du vide.
-…
- Les mots c'est du bricolage.
-…
- Tu vois, je bricole.
-…
-Tu ne m'aideras pas hein ?
-…
- Je…
-…
- Je n'ai pas de limites. J'ai l'impression d'être fondue en tout.
-…
- Un jour, j'ai eu le sentiment d'être reliée à l'univers, je ne sais pas le raconter autrement. Comme un fil électrique. J'étais quelque chose de " traversé " Quelque chose en lien. J'ai eu l'impression de décrocher, de partir.
-…
- Pourquoi tu me regardes ?
-…
- J'ai compris, tu me prends pour une cinglée.
- ...
- Si Malie me voyait, elle piquerait une crise de nerfs.
-…
- [long soupir] Bon.
-…
- Dis, tu me ferais une toute toute petite bise ?????
mh,
La citation
Extrait de: Trente-six sujet de conversation:
4. Longueurs d'onde émotionnelles:
Comment s'améliore-t-on dans l'art de deviner ce que les gens ne disent pas vraiment ?
"De la conversation" de Théodore Zeldin
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vendredi, 08 juillet 2005
Petite fleur
Elle s'appelait Fleur, si jolie, si jolie !
Elle était habillée toute de bleu ciel, comme une enfant vouée.
Dans les bras de Jorgue, minuscule et fragile, elle dormait.
Elle allait bien à mon ami cette petite fille.
Ils étaient tous deux dans un charme qui les rendait terriblement beaux.
mh,
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dimanche, 03 juillet 2005
L'amour de Jorgue
- Tu penses à quoi mh ?
- A rien, je ne sais pas il fait beau. Tu es heureux ?
- Quelque chose d'approchant.
- Tu es amoureux alors ?
- C'est mieux que d'habitude.
- Parce qu'être amoureux c'est de tes habitudes ?
- Non mh, c'est tranquille je ne suis pas amoureux. Je me sens tout proche tout proche d'elle. Je suis calme. Je suis bien.
Jorgue et là, assis dans le fauteuil. Il ne tripote rien. Il a le regard clair. J'ai du mal à le supporter.
- Tu me présenteras ta merveille ?
- Ce n'est pas une merveille. C'est quelqu'un.
Je tourne, je vire. Je mets de l'eau à chauffer pour le thé. Je pousse les livres qui dépassent. Je plis des tee-shirts. J'essaie vainement de les caser dans l'armoire. Je repars chercher le thé. Je le verse dans les mugs. Je sors une plaque de chocolat. Il faudra qu'un jour, un jour, un jour je n'imagine pas quand, je ne sais pas comment il faudra qu'un jour je déménage. J'aurais plus de place pour ranger les tee-shirts, les amis les livres. Et toutes ces foutues émotions et toute cette foutue place qu'elles tiennent.
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mercredi, 29 juin 2005
Plaisir de dames.
- Il paraît qu'en Inde les femmes boivent beaucoup d'infusions et grignotent des tas de trucs parfumés pour sentir bon de l'intérieur. Je devrais boire un tout petit verre d'Heure Bleue chaque jour.
- Je me demande vraiment sérieusement mh, si t'es pas un peu piquée ! Fait Malie soucieuse.
- Ne t'inquiètes pas, je ne boirais pas à la bouteille... Bon maintenant l'ascenseur, premier étage deuxième étage, respire arrête continue jusqu'au 7eme après tu redescends.
- Tu ne peux pas faire ça dans le métro !
- On a seulement l'air très concentrées. Maintenant la balle de ping-pong. Un coté, l'autre, un coté.
- Parle plus doucement mh.
- Le ping je peux mais le pong je bloque. Allez dix fois. Là à droite là à gauche.
- À gauche à droite, désolée monsieur je ...oh non !...
- Ne rie pas. Malie tu nous déconcentres.
Malie chuchote à mon oreille.
- C'est nécessaire, le ping-pong ?
- Écoute Malie, le ping-pong vaut tous les liftings du monde.
- Tu es optimiste.
- Réaliste. En plus on peut discuter et faire des trucs avec les doigts.
- Qu'est-ce que tu vas faire avec les doigts ???? Méfie-toi, si je te vois bouger un sourcil je descends !
- T'as l'esprit tordu Malie. Non je parlais de tricoter... ou lire un livre par exemple. Maintenant "au revoir monsieur".
- Au revoir monsieur ?
- Au revoir Madame, répond le monsieur assis face à Malie, qui se lève pour descendre station Bastille.
- mh, on ne peut pas faire "au revoir Monsieur" ici ! Chuchote souriante mais un peu crispée Malie à mon oreille.
- Comment est-ce qu'ils pourraient l'imaginer ? Toutes les femmes du monde devraient pourtant s'exercer au minimum à "l'ascenseur" et à "au revoir monsieur" en partant travailler le matin. Elles le font sûrement. Sans doute elles pratiquent aussi la pyramide, et la balançoire et nous, on est en retard de deux guerres. Tu vois où ça nous mène !
- Les femmes, entre les enfants, le boulot, les hommes, les pas d'hommes leur chez elle, elle ont d'autres chats à fouetter. Je te préviens, je ne veux rien savoir de la pyramide !
- La pyramide j'ai inventé, mais la balançoire...
Les événements qui suivirent dépassèrent sur le coup mon entendement: Arrivée à la station Filles du Calvaire, Malie vira brusquement à l'écrevisse. Elle poussa un drôle de cri puis sortit de la rame bousculant tout le monde et serrant son sac sur son ventre. Je faillis rester prise dans les portes.
Sur le quai elle riait tellement fort que tout le monde nous regardait.
- Malie, ça semblait parfait. Je serais toi, j'approfondirais plutôt au niveau de la discrétion.
Après j'ai ris avec elle qu'est-ce que vous voulez que je vous dise !
mh,
Vers 10:12 de Blue train de Coltrane. Pour écouter aussi le souffle et le frottement des lèvres sur le bec des instruments. Ahhhhhh !
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mardi, 31 mai 2005
Son existence
- Jorgue, si tu m'imaginais comment je serais ?
- ... Pliable ???
- Non sérieusement, si tu devais m'imaginer comment je serais ?
- Dis-moi d'abord comment je serais si tu m'imaginais, que je puisse suivre ton... intéressant raisonnement.
Parfois, quand je regarde Jorgue, je ne sais pas pourquoi, j'ai l'impression qu'il n'a pas de cerveau. Il a tout un tas de membres bien répartis. Il a aussi un vélo des Pays-Bas et j'ai un mal de chien à lui faire avaler de temps à autre un soupçon de thé.
- Et pour mademoiselle, ce sera ?
- Un déca merci.
- Deux, ajoute Jorgue sans regarder le garçon.
Le jeune homme un peu maniéré s'éloigne.
- Il a dit mademoiselle !
- Il l'a dit aussi à la vieille femme dans le coin avec son petit chien.
- Saboteur !
- Tu parlais d'imagination ?
- Oui.
- Voilà mademoiselle.
Le garçon pose les deux tasses et deux verres d'eau sur la table.
- Elle est bien la tarte au chocolat ?
- Mieux que ça. Elles sont faites ici.
- Alors une tarte au chocolat, tu veux quelque chose Jorgue ?
- Non
Il repart.
- Jorgue, tu crois que mh c'est moi ?
- Ah !
Jorgue a une drôle de lassitude dans l'œil. La musique un peu jazz, un peu blues, plus forte depuis cinq minutes, est belle dans l'espace gris à l'allure de paquebot. Au pied de l'escalier central deux garçons veillent pareils à de longilignes statues noires.
- Je te fatigue ?
- Non non.
- Votre tarte au chocolat, dit le garçon en passant la tarte ronde avec une petite feuille dorée devant le nez de Jorgue.
- Merci... ça va pas Jorgue ?
- Non.
- Quoi non ? Ça va ou ça va pas ? Tu regardes ta tasse comme si tu allais y lire l'avenir. T'as oublié ton bonnet. Et les pneus de ton vélo sont dégonflés.
- C'est terrible, n'est-ce pas ?
- En plus tu es agressif. Elle est magnifique cette tarte tu veux goûter ?
- Pourquoi mh ce ne serait pas toi ? Demande Jorgue, les yeux sur la mademoiselle mamie avec son chien.
- Oh ! C'est l'heure des bougies !
La lumière a baissé. Cinq ou six garçons parcourent la salle, portant sur leurs plateaux des photophores en pyramide. Ils évoluent avec grâce entre les tables et posent sur chacune une flamme dans son verre gravé. Le visage de Jorgue m'apparaît résigné et d'une tristesse inconsolable.
- Et si mh n'est pas toi, pourquoi serais-je Jorgue ? Ce Jorgue là que tu mets dans ta lettre. Ce pantin avec son vélo !
Je ferme les yeux un instant. J'écoute la musique. Je prépare une réponse. Quand je les ouvre, il a disparu. Le garçon a enlevé sa tasse. Rien qui puisse dire qu'il fut jamais là à me reprocher son existence.
Je déguste lentement ma tarte. Je regarde des gens chics évoluer dans un bruissement de vêtements d'hiver autour des tables et de leur bougie.
Je suis bien. Je me fais un peu peur.
mh,
17:55 Publié dans La lettre de mh | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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